Tu veux tester ton idée sur Shopify avant de remplir des papiers. Les réponses qu'on trouve en ligne se contredisent. Certaines vidéos disent que Shopify ne vérifie rien, d'autres parlent de prison. Les deux ont en partie raison, parce qu'elles ne parlent pas de la même chose. Shopify a ses propres règles, et la loi française en a d'autres. On regarde les deux, puis ce qu'il faut faire pour vendre en règle sans y passer des semaines.
Ce que Shopify demande vraiment
À l'inscription, pas de SIRET
Pour créer ta boutique, Shopify demande ton nom légal et de quoi te joindre. Ses conditions de service ne réclament aucun numéro d'entreprise. Elles posent deux autres règles. Tu dois avoir au moins 18 ans, et tu confirmes utiliser Shopify pour une activité commerciale. Elles précisent aussi que tes taxes et le respect des lois restent ton affaire, pas celle de Shopify.
Tu peux donc construire toute ta boutique sans SIRET. Pendant l'essai gratuit, elle reste de toute façon en mode privé. Personne ne peut y acheter tant que tu ne la lances pas.
Pour encaisser, « Personne physique » ou « Entreprise individuelle »
Shopify s'intéresse à ton statut au moment où tu actives Shopify Payments, dans Paramètres > Paiements. Il te demande alors ton type d'entreprise. Sa page d'aide pour la France donne la règle. Sans numéro SIRET, tu sélectionnes « Personne physique ». Un micro-entrepreneur ou un auto-entrepreneur sélectionne « Entreprise individuelle » et saisit son SIRET.
En « Personne physique », Shopify vérifie ton identité et ton adresse personnelle, qui doit être en France métropolitaine. Il demande aussi ton numéro fiscal à 13 chiffres, celui qui figure sur ta dernière déclaration de revenus. Les versements arrivent sur un compte bancaire en euros, avec un IBAN qui accepte les virements SEPA.
Ne repousse pas cette vérification. Depuis juin 2026, un nouveau compte Shopify Payments en France a 90 jours après sa première commande pour la terminer. Passé ce délai, Shopify peut rembourser automatiquement les commandes encaissées.
Ce que ce choix ne règle pas
Shopify vérifie qui tu es parce que les règles contre la criminalité financière l'y obligent. Il ne vérifie pas si tu as le droit de vendre. L'option « Personne physique » existe, mais elle ne rend pas ton activité légale pour autant. Pour savoir si tu dois te déclarer, c'est la loi qu'il faut lire, pas le formulaire de Shopify.
Ce que dit la loi française
Vendre tes affaires ou vendre pour gagner de l'argent
La loi sépare deux situations. Revendre des affaires dont tu te débarrasses, sur Vinted ou dans un vide-grenier, n'est pas imposable. Il existe quelques exceptions, comme un bijou ou un objet d'art vendu plus de 5 000 €.
Acheter ou fabriquer des produits pour les vendre, c'est une autre histoire. Service-public le dit sans détour. Les revenus de cette activité sont imposables et tu dois les déclarer. Une boutique Shopify entre presque toujours dans ce cas. En dropshipping comme en impression à la demande, tu vends des produits achetés pour être revendus.
Aucun petit montant ne te dispense de déclarer. Service-public précise qu'un revenu accessoire est imposable quel que soit son montant. Sous 305 € de recettes par an, tu ne paies simplement pas d'impôt dessus.
Ce que tu risques si tu vends sans te déclarer
Exercer une activité sans t'immatriculer, c'est du travail dissimulé par dissimulation d'activité. La fiche du service public sur le travail illégal cite exactement ce cas, avec l'absence d'immatriculation au RCS ou au RNE. Le délit est puni de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende au maximum. Les cotisations non payées sont réclamées avec une majoration de 35 %.
Ta boutique elle-même te met en défaut. Un site qui vend doit afficher le numéro d'immatriculation du vendeur dans ses mentions légales. Sans SIRET, cette page est incomplète dès le premier jour. Pour un entrepreneur individuel, l'oubli de ces mentions est puni de 75 000 € d'amende.
Face à ces risques, se déclarer ne coûte rien. C'est ce qui rend le pari de vendre sans statut si difficile à défendre.
Tester sans vendre
Construire ta boutique n'est pas vendre. Tant qu'elle est en mode privé, personne ne peut y passer commande, donc tu n'encaisses rien. La question du statut se pose le jour où un client peut payer.
Le plus simple est de mener les deux en parallèle. Tu construis la boutique pendant que ta micro-entreprise s'immatricule. Tu l'ouvres quand tu as ton numéro.
Créer ta micro-entreprise avant d'ouvrir
La micro-entreprise est le statut le plus simple pour démarrer. Son immatriculation est gratuite, et l'inscription au RCS et au RNE l'est aussi pour une activité commerciale. Si un site te fait payer la démarche, c'est un intermédiaire et pas l'administration.
- Va sur le guichet unique, formalites.entreprises.gouv.fr. C'est là que passent toutes les créations d'entreprise.
- Déclare une activité commerciale de vente en ligne. Prépare ta pièce d'identité et un justificatif de domicile. On te demande aussi une déclaration sur l'honneur de non-condamnation.
- Attends ton justificatif d'inscription au RNE. Il porte ton numéro SIREN à 9 chiffres. Ton SIRET, c'est ce SIREN suivi des 5 chiffres de ton établissement.
- Choisis « Entreprise individuelle » dans Shopify Payments. Saisis ton SIRET complet à 14 chiffres. Shopify cite l'erreur classique, qui consiste à ne saisir que les 9 chiffres du SIREN.
- Complète tes mentions légales avec ton numéro, comme expliqué plus bas.
Ensuite, tu paies tes cotisations sur ce que tu encaisses. Pour la vente de marchandises, c'est 12,3 % du chiffre d'affaires. Le taux passe à 13,3 % si tu choisis de payer ton impôt en même temps, avec le versement libératoire. Tu déclares ton chiffre d'affaires chaque mois ou chaque trimestre.
Le régime micro reste valable tant que ton chiffre d'affaires de vente ne dépasse pas 203 100 € par an. Un seul dépassement ne t'en fait pas sortir, il en faut deux années de suite. Si tu hésites entre micro-entreprise et société, ou si tu gardes un emploi à côté, le guide pour ouvrir une boutique en ligne de zéro compare les options.
Les mentions légales de ta boutique
Une boutique tenue par un micro-entrepreneur doit afficher les informations suivantes, sur une page dédiée ou dans les CGV.
- Ton nom et ton prénom, suivis de « entrepreneur individuel » ou « EI ».
- L'adresse de domiciliation de ton entreprise.
- Une adresse e-mail et un numéro de téléphone pour te joindre.
- Ton numéro d'immatriculation au RCS ou au RNE.
- Ton numéro de TVA intracommunautaire, si tu en as un.
- Le nom, l'adresse et le téléphone de l'hébergeur, c'est-à-dire Shopify.
Tes CGV et ta politique de retour viennent en plus. Shopify en propose des versions automatisées dans Paramètres > Politiques. Relis-les quand même avec tes vrais délais et tes vraies conditions.
La TVA quand on est auto-entrepreneur sur Shopify
En micro-entreprise, tu profites en général de la franchise en base de TVA. Tu ne factures pas la TVA à tes clients et tu ne la récupères pas sur tes achats. Les seuils 2026 n'ont pas bougé. Le seuil unique de 25 000 € prévu par la loi de finances 2025 a été abandonné.
| Activité | Tu restes en franchise si ton chiffre d'affaires de l'année précédente ne dépasse pas | La TVA s'applique dès le jour où tu dépasses, dans l'année |
|---|---|---|
| Vente de marchandises | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services | 37 500 € | 41 250 € |
Chaque facture porte alors la mention « TVA non applicable, art. L. 223 et s. du code des impositions sur les biens et services (CIBS) ». C'est la mention en vigueur depuis le 1er septembre 2026. L'ancienne, « TVA non applicable, art. 293 B du code général des impôts », reste acceptée jusqu'au 31 décembre 2027. Si tu oublies la mention, tu t'exposes à un redressement.
Dans Shopify, la TVA se règle dans Paramètres > Taxes et frais de douane. On y saisit un numéro de TVA pour que Shopify la perçoive. En franchise, tu n'as pas de numéro à saisir. Passe une commande de test et vérifie qu'aucune TVA n'apparaît au paiement. Le réglage complet, écran par écran, est dans TVA sur Shopify en auto-entrepreneur.
Si tu vends à des clients d'autres pays de l'Union européenne, un autre seuil compte. L'aide Shopify le fixe à 10 000 € de ventes par an vers ces pays. Au-delà, c'est la TVA du pays du client qui s'applique, et un comptable devient vraiment utile. Si tes produits viennent de Chine, la TVA à l'import et le droit de douane de 3 € sont détaillés dans vendre en ligne sans stock.
Factures, registres et compte bancaire
Quand tu vends un produit à un particulier, la facture n'est obligatoire que dans quelques cas. La vente à distance en fait partie, donc chaque commande de ta boutique en demande une. Elle porte un numéro unique qui suit une séquence. Ton nom y figure avec la mention « EI ». En franchise, la mention « TVA non applicable » y figure aussi.
En micro-entreprise, deux registres suffisent. Le livre des recettes liste chaque encaissement dans l'ordre, avec son mode de paiement et la référence de la facture. Le registre des achats fait la même chose pour ce que tu achètes, stock et fournisseurs compris. Tu les gardes 10 ans, avec les justificatifs. Un tableur ou un logiciel de comptabilité convient.
Pour les paiements, ton compte personnel suffit au début. Un compte dédié devient obligatoire si ton chiffre d'affaires dépasse 10 000 € deux années de suite.
La facture électronique arrive aussi. Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir des factures électroniques. Une micro-entreprise devra aussi les émettre à partir du 1er septembre 2027. Tes ventes à des particuliers ne passent pas par la facture électronique, mais certaines données de vente pourront être à transmettre au fisc. Ce que la réforme change pour une boutique Shopify est détaillé dans facture électronique et Shopify.
Shopify déclare-t-il tes ventes aux impôts ?
Les places de marché comme Vinted ou Leboncoin transmettent les ventes de leurs vendeurs au fisc. Au-delà de 30 ventes ou de 2 000 € de recettes dans l'année, les montants arrivent préremplis dans ta déclaration de revenus. C'est la règle européenne DAC7.
Elle vise les plateformes qui mettent en relation des vendeurs et des clients. Une boutique Shopify fonctionne autrement. Tu loues un logiciel pour tenir ton propre site, et Shopify ne t'amène aucun client. Je n'ai trouvé ni chez Shopify ni dans l'administration de texte qui range Shopify parmi ces plateformes.
Ça ne change rien à ce que tu dois faire. Que personne ne déclare tes ventes à ta place ne les rend pas moins imposables. C'est même une raison de plus de les déclarer toi-même.
Pendant que ton dossier avance
Ova ne crée pas ton statut et ne fait aucune démarche à ta place. Pendant que ton immatriculation suit son cours, elle peut construire le reste de la boutique. Elle prépare le thème et les fiches produits. Tu peux lui écrire par exemple « ajoute une page mentions légales avec mon nom suivi de EI et mon SIRET ». Relis le résultat, ce n'est pas un conseil juridique. Décris ton projet à Scale Ova : la génération est gratuite, et l'abonnement ne sert qu'au moment de publier sur Shopify.
Pour la suite, le guide complet pour créer ta boutique Shopify détaille chaque réglage, et Shopify est-il gratuit explique ce que coûte l'essai puis l'abonnement.
FAQ
Peut-on vendre sur Shopify sans SIRET ?
Shopify demande-t-il un SIRET à l'inscription ?
Peut-on ouvrir une boutique Shopify sans entreprise pour tester ?
Auto-entrepreneur : quel type d'entreprise choisir dans Shopify Payments ?
Faut-il un numéro de TVA pour vendre sur Shopify ?
Combien coûte la création d'une micro-entreprise ?
Est-ce que Shopify transmet mes ventes aux impôts ?
Peut-on ouvrir une boutique Shopify à 16 ans ?
Sources
- Shopify, conditions de service : âge minimum, usage commercial, taxes à la charge du marchand, mise à jour du 20 octobre 2026, consultées le 29 octobre 2026
- Aide Shopify, exigences de Shopify Payments en France : types « Personne physique » et « Entreprise individuelle », SIRET, numéro fiscal, compte bancaire, délai de 90 jours, consultée le 29 octobre 2026
- Aide Shopify, préparer le lancement de votre boutique : mode privé pendant l'essai, consultée le 29 octobre 2026
- Aide Shopify, configuration des taxes de l'UE : Paramètres > Taxes et frais de douane, seuil de 10 000 €, consultée le 29 octobre 2026
- Service-Public, revenus d'une activité accessoire : biens d'occasion, achat pour revendre, seuil de 305 €, transmission par les plateformes, vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 29 octobre 2026
- Service-Public, risques en cas de travail illégal : dissimulation d'activité, 3 ans et 45 000 €, majoration de 35 %, vérifiée le 3 juillet 2026
- Service-Public, création d'une micro-entreprise : immatriculation gratuite, guichet unique, pièces demandées, consultée le 29 octobre 2026
- Service-Public, cotisations sociales du micro-entrepreneur : 12,3 % pour la vente de marchandises, vérifiée le 1er janvier 2026
- Service-Public, dépassement des seuils de la micro-entreprise : 203 100 € pour la vente, vérifiée le 21 février 2026
- Service-Public, franchise en base de TVA : seuils 2026 inchangés, mention 293 B, vérifiée le 1er janvier 2026
- Service-Public, mentions obligatoires sur le site internet d'une entreprise : informations à afficher et sanctions, consultée le 29 octobre 2026
- Service-Public, tout savoir sur la facturation : facture obligatoire en vente à distance, calendrier de la facture électronique, nouvelle mention CIBS au 1er septembre 2026, tolérance jusqu'au 31 décembre 2027, vérifiée le 7 août 2026
- Service-Public, obligations comptables du micro-entrepreneur : livre des recettes, registre des achats, conservation 10 ans, compte bancaire, vérifiée le 7 septembre 2026
- Commission européenne, DAC7 : plateformes qui mettent en relation vendeurs et clients, consultée le 29 octobre 2026




